Archives: Un Brésilien à Rio

Florent_Van_Aubel_MediumFlorent Van Aubel

1m78/ 72 kg

154 sélections

Date de naissance : 25.10.1991

Première sélection avec les Red Lions :  2008 aux Hamburg Masters

Clubs : Indiana, Orée, Dragons.

 

Des Jeux Olympiques au pays des dribbles et du spectacle n’auraient certainement pas eu la même saveur sans le plus brésilien des Red Lions. Shane McLeod ne s’est pas trompé en emmenant dans ses valises l’un des plus beaux artistes du hockey mondial. Florent Van Aubel a quelque chose d’aérien, de presque magique lorsqu’il touche la balle. Tout semble naturel, fluide. Ses dribbles et ses plus beaux buts ont d’ailleurs fait le tour de planète grâce à des vidéos Youtube, réalisées par de jeunes fans, habités par la même passion et  qui tentent inlassablement de répéter les mêmes gestes.

L’histoire se répète.

Enfant, Florent Van Aubel a passé des heures dans son jardin à s’entraîner. Un vrai passionné plus qu’un acharné de travail.  « J’étais tout le temps dans mon jardin avec mon stick de hockey. Nous avions un goal de foot à la maison et j’avais installé des planches derrière pour pouvoir jouer avec mon frère. Chaque fois que je rentrais de l’école, je jouais des heures et des heures».

Si son jeu peut parfois rappeler celui des plus beaux joueurs de foot brésiliens, l’attaquant du Dragons n’en fait jamais trop. Sobre et efficace, il ne fait le spectacle que lorsque cela lui est nécessaire. « Je n’aime pas perdre la balle et c’est vrai que ma technique m’aide. Mais je ne me considère pas comme un dribbleur fou », explique-t-il. «Ça ne fonctionne de toute façon plus, dribbler cinq joueurs et puis marquer, ça ne marche pas. Je pense que ma force maintenant est ma vision de jeu et le fait que joue en combinaisons rapides».  Depuis ses débuts chez les Red Lions en 2008, son jeu a évolué, l’attaquant participe bien plus au jeu et s’est affirmé naturellement comme l’un des piliers de l’équipe. L’homme a tout simplement grandi, mûri.Flo Van Aubel Indiana L’enfant de quatre ans, qui a touché son premier stick à  l’Indiana, a gravi tous les échelons pour atteindre les sommets, tant avec le Dragons qu’en équipe nationale.

C’est presque une constante dans tout le Royaume. Le hockey est une histoire de famille. Florent Van Aubel, petit-fils de l’un des fondateurs de l’Indiana, suit les pas de ses parents, également joueurs de hockey, et c’est tout naturellement qu’il dispute ses premières rencontres avec le club gantois. Alors qu’il partage son temps entre tennis et hockey, ses parents décèlent rapidement que leur enfant a quelque chose en plus que les autres. Un talent qui sort du lot, dans un club qui n’est pas habitué à jouer les premiers rôles dans les catégories jeunes.

Franchir un cap

Van Aubel Gauth Orée
Florent Van Aubel et Gauthier Boccard, contre l’Héraklès de Loick Luypaert.

L’éclosion au plus haut niveau du jeune Florent ne pourra se faire dans le club familial. Ses parents ne s’y trompent pas et envoient le jeune prodige dans l’une des meilleures écoles de jeunes de Belgique, l’Orée. A 12 ans, il quitte donc sa terre natale pour s’exiler à Bruxelles, à plus de soixante kilomètres de son domicile. «C’est vrai que ce n’est pas le choix le plus logique d’aller à l’Orée quand on vient de Gand », sourit-t-il. « Mais  mon papa avait joué à l’Orée et connaissait encore pas mal de monde. Ce que ma maman a fait pour moi de mes 12 ans  jusqu’à mes  17 ans, c’est vraiment incroyable. C’était des trajets 3 fois par semaine. Elle faisait ses courses ou son administration dans la voiture pendant que j’étais à l’entraînement et  les vendredi soir je restais dormir chez un coéquipier. J’allais très souvent chez Gauthier (Boccard Ndlr)».  Et si leurs chemins se séparent cinq ans plus tard, les deux Red Lion ont le temps de vivre de belles aventures sous le maillot bleu. En Cadets et Scolaires, l’Orée rafle tout, ou presque. Si bien que Florent Van Aubel fait ses premiers pas avec l’équipe première à seulement quinze ans. La grande époque du matricule woluwéen est déjà passée, mais il reste quelques très bons joueurs, comme Lionel Sempoux, Lucas Rossi, Facundo Callioni ou encore Alex de Paeuw et Alaric Dekelver. A leurs côtés, il se frotte aux meilleurs éléments du championnat belge pendant deux saisons.

Flo Loick Orée plongeon
Flo et Loick au duel, et bientôt coéquipiers au Dragons.

Avant de partir à 17 ans, au Dragons, pour franchir un cap, devenu nécessaire. « Je savais que si je voulais jouer les JO et devenir un Red Lion, il fallait que je parte dans un club du top. Je sentais que je devais encore progresser et que je ne pouvais pas encore prendre des grosses responsabilités à l’Orée », explique-t-il. « Le Dragons m’a contacté en même temps que Loick Luypaert qui partait de l’Héraklès.  On s’était promis d’aller dans le même club. Nous sommes arrivés en 2009, l’année où ils avaient juste raté les playoffs. Ils voulaient rebâtir une équipe, avec aussi l’arrivée de Pangrazio».

Flo a désormais toutes les cartes en main pour devenir un grand joueur. Surtout qu’il a déjà fait ses preuves en équipe nationale jeunes.  A seulement 14 ans, il participe à sa première grande compétition à la Coupe d’Europe U16 à Dublin. A ses côtés, on retrouve déjà les  Boon, Gougnard ou Denayer. Trois ans plus tard, il remporte  l’Euro organisé à Nivelles, après quelques sélections en A.
Sa dernière pige en jeunes sera le championnat d’Europe en Pologne avec les U21. Avant de définitivement se consacrer aux Red Lions à partir de 2010.

Quatre titres en six saisons

Seulement une année après son arrivée au Dragons, Florent Van Aubel réalise son rêve de faire partie du sommet du hockey belge, européen et mondial. Avec le club anversois, il remporte le titre lors de ses deux premières saisons. Sept ans après avoir rejoint Denayer&cie, l’agile attaquant compte quatre titres nationaux et de deux médailles Titre 2015 selfieeuropéennes et des souvenirs plein la tête. «Mon plus mauvais souvenir, c’est la finale perdue en prolongations avec le golden goal de Gauthier Boccard. On avait une équipe incroyable cette année-là. Et mon meilleur souvenir ? Ce sont toutes les finales gagnées. Surtout les deux dernières parce que j’ai pris plus d’importance dans le jeu. Mais c’est vrai qu’il y a aussi l’EHL. C’est toujours une expérience magique pour nous. Mais on ne l’a pas encore gagnée… ». Peut-être le dernier chaînon manquant à un palmarès déjà bien fourni.

L’histoire se poursuivra d’ores et déjà avec le Dragons puisque cet étudiant en communication a signé un nouveau contrat de quatre ans.  Flo ne se voit de toute façon pas jouer dans un autre club belge. « Sauf  l’Indiana. J’y retournerai un jour. C’est le club de mon cœur, j’y suis souvent pendant l’année. J’ai réfléchi à partir à l’étranger il y a deux ans, mais je  me suis rendu compte que je n’avais pas atteint mon plafond en Belgique et que je voulais encore gagner des titres avec le Dragons.  Je sentais que mon histoire avec ce club n’était pas finie. Et puis il y a aussi  mes études à terminer, ma famille, ma copine etc. ».  A 24 ans, Florent Van Aubel a des ambitions à la hauteur de son talent. Il veut remporter l’EHL et écrire une belle histoire à Rio, aux côtés d’Arthur Van Doren notamment. « C’est celui qui m’impressionne le plus. Je n’ai joué qu’une fois contre lui lors d’un match de préparation Red Lions contre U21. Et là je me suis dit ; il est très impressionnant ce garçon », rigole-t-il.

Pour l’attaquant du Dragons, les Jeux Olympiques au Brésil ne sont pas la fin d’une aventure,
même si, l’année prochaine, il consacrera plus de temps à sa dernière année d’étude en communication et certainement aussi à son autre passion, le golf. «J’adore ça ! Juste après les finales du championnat belge, je suis allé à Dublin avec un ami et nous avons joué pendant trois jours de suite sur des golfs différents.
C’est un sport beaucoup plus relaxant, même si cela reste une compétition et que j’ai toujours envie de gagner
 ».
Aussi à l’aise sur un green que sur l’herbe synthétique, Florent Van Aubel et un passionné des sports de ballon, lui qui suit attentivement la NBA et la NFL – il est supporter des Penguins de Pittsburgh, tout comme Félix Denayer et Elliot Van Strydonck.

Mais avant de retrouver son canapé et les parcours de golf, l’attaquant a encore des belles années devant lui et compte bien porter fièrement les couleurs de son pays dans les plus grandes compétitions européennes. Pour le plus grand plaisir des spectateurs, pas forcément pour celui des défenses adverses…

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Florent Van Aubel et les Red Lions

Quand as-tu disputé ton premier match avec lesRed Lions?

C’était au Hamburg Masters en 2008, après les JO de Pékin. C’était contre le Pakistan, nous avons perdu 3-1   et j’ai reçu un stick en plein dans mon genou (rires). Je n’étais encore qu’un gamin,j’avais 17 ans. Je n’ai pas été  blessé mais ça m’a frappé. Le Pakistanais a sleepé et a terminé son mouvement dans mon genou. Il s’en foutait complètement de moi.

 Ça fait quoi de porter le maillot des Red Lions pour la 1ère fois?  

Photo Leroy Flo Hauke Euro Boom
Face à son idole, Tobias Hauke, à l’Euro à Boom.

C’est super impressionnant! Mais j’ai disputé mon premier match et mon premier tournoi avec
beaucoup d’autres U21 donc je n’étais pas lâché tout seul dans la grande équipe. Ma première vraie expérience impressionnante, c’était pour l’Euro à
Mönchengladbach en 20011. C’était mon premier gros tournoi, et le premier match était contre l’Allemagne. Je jouais contre Furste et Hauke et là j’étais très impressionné. Hauke, c’était mon idole, même si ça l’est moins maintenant puisque je joue souvent contre lui.

 

Ton plus beau souvenir avec les Red Lions ?

Les Jeux Olympiques de Londres.

Pas l’Euro à Boom ?

Maintenant que tu le dis. C’est les deux. Les JO c’est très impressionnant, tu peux enfin les jouer, et j’étais quand même jeune. Mais c’est vrai que Boom, c’était incroyable. L’ambiance, tout.  On était sur une vague où tout nous réussissait, tout allait comme on voulait.

Et le pire souvenir?

Avec l’ équipe, je dirais quand on perd 3-2 contre les Anglais à la Coupe du Monde en 2014. Et personnellement, mon pire souvenir est le dernier match des JO quand je me blesse à l’épaule. Je savais que j’allais être out pendant six mois et j’avais déjà été out six mois…

Qui sont  tes meilleurs amis dans l’équipe ? 

Si il fallait en citer, ce serait ceux du Dragons, mais je m’entends très bien avec tout le monde.  J’ai aussi vécu énormement de choses avec Gauthier Boccard.

Quels seront les éléments clés pour faire le meilleur résultat possible ?

Bien gérer les moments difficiles, c’est ce qui est moins bien passé au Champion’s Trophy. On va devoir montrer qu’on a appris du passé. Je crois qu’on est sur la bonne voie. On incorpore en tout cas cet aspect dans nos entraînements.

Que veux-tu apporter à l’équipe à Rio?  

En tant qu’attaquant, marquer des goals. Et je vais probablement plus jouer au milieu et apporter plus dans le jeu.

Un petit pronostic pour les JO ?

Je n’ai pas envie de pronostiquer, je trouve qu’on ne doit pas trop parler de ça dans la presse, de dire qu’on veut être premiers, troisièmes. Je crois qu’on doit arrêter de dire ceci, qu’on veut cela. On veut gagner chaque match en équipe nationale. Si on perd en quarts, on sera déçus, si on perd en demis, on sera aussi déçus.

Photo Leroy Flo dos

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