Grandeur et déception

Lundi 30 juillet. Il est près de 20h30 lorsque les arbitres du match Belgique-Espagne sifflent la fin du temps réglementaire. 0-0. Les deux équipes n’ont pas réussi à se départager. Place aux shoot-outs. Un exercice qui n’a jamais réussi aux Panthers. Mais cette fois-ci, ça sera la bonne. C’est certainement le sentiment qui habitait une grande majorité des supporters belges, postés devant leur écran d’ordinateur ou de télévision.

Vingt minutes plus tard, le couperet tombe en même temps que le coup de sifflet de l’arbitre Joubert. Ce ne sera pas encore la bonne. L’Espagne passe en quarts, la Belgique est éliminée. Les Red Panthers parsèment le terrain. Certaines discutent avec l’arbitre d’une décision qui fait encore débat. D’autres s’écroulent au sol, dévastées par une nouvelle terrible élimination. Les yeux sont rougis par la déception, les larmes coulent sur les visages encore marqués par l’effort. Au micro des médias belges, nos Red Panthers gardent néanmoins la tête haute, tentent de positiver. La prochaine fois, ce sera la bonne.

Et comment ne pas leur donner raison?

Elles qui, de tout le tournoi, n’ont jamais craqué sous le poids de la pression. Après la victoire du Japon face à la Nouvelle-Zélande, l’erreur n’était pas permise contre l’Australie. Les Panthers ont brillamment tenu tête à celles qui sont maintenant en demi-finale. Quatre jours plus tard, la seule solution était la victoire. Elles le savaient. Pas depuis quelques jours. Depuis des semaines. Vous connaissez le résultat et la manière. Il y a quelques années, ces Panthers-là auraient flanché. Plus maintenant.

Elles qui sont passées tout près de la qualification pour Rio, avant de perdre aux shoot-outs, déjà. Et après? Le travail de l’ombre, pendant près de deux ans. Jusqu’à la demi-finale de la World League, à domicile. On y avait déjà senti les frémissements d’une nouvelle ère. Les prémisses d’une grande performance. Quelques mois plus tard, les Red Panthers écrivaient l’histoire en se hissant jusqu’en finale de l’Euro. Un résultat à la hauteur du potentiel, du talent, du travail de tout un groupe de joueuses, de coachs, de kinés et de managers. Un groupe soudé qui avait bien compris qu’il ne s’agissait pas là d’une fin, mais d’un début.

Elles qui devaient confirmer leur nouveau statut à la Coupe du Monde. Même si elles répétaient à l’envi qu’elles n’étaient que treizièmes mondiales, les attentes étaient plus élevées, la pression plus pesante. Rien de plus difficile que de confirmer une première performance de haut vol. Versées dans une poule dans une poule ultra-relevée, les Panthers terminaient à une superbe deuxième place. Tous les espoirs étaient permis. On se voyait déjà en quarts.

Et puis… la déception. Une de plus. Mais celle-ci a un goût différent. Une saveur particulière. Celle qui promet de grandes choses à venir. Comme le sentiment que les performances de ces Panthers ne sont plus une surprise. Et que même si le résultat n’est pas là, le plus important est ailleurs. Dans leur mentalité affichée, dans le jeu proposé, dans leur esprit de groupe sans faille.

Et ça, elles l’ont déjà bien compris.

Bertrand Lodewyckx

Photo: FIH

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